Le géant français du sucre, Tereos vient de lancer la phase de test de son tout premier « sauté végétal » et entend devenir le leader mondial de la viande sans protéines animales.

Fin février, Tereos a inauguré dans son usine d’amidonnerie à Marckolsheim (Bas-Rhin), en présence du secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie, ­Christophe Sirugue, son unité-pilote destinée à produire sa toute première viande non carnée et brevetée, « le sauté végétal ».

Lauréat du Concours mondial de l’innovation en 2015, grâce à ce projet baptisé « GenVie », Tereos produit désormais plus de 2 tonnes par jour de son « sauté végétal » sur son site alsacien. Ce pilote a nécessité l’emploi de 8 personnes et un investissement de 2 millions d’euros, sans compter le budget R&D, non dévoilé.

De quoi est faite cette « viande »

Cette innovation alimentaire est concoctée à partir d’un mélange de protéines de blé, de farine de pois chiche et d’épices. Le tout issu de matières agricoles françaises et allemandes. Deux cuissons successives à l’huile et à l’eau donnent au produit une consistance agréable, assez proche du poulet.

Cette viande 100% végétale est un « produit sain et savoureux, facile à cuisiner et accommodable à tout type de recettes » s’est vanté le groupe dans un communiqué. Au visuel, ce nouvel aliment ressemble trait pour trait à un vrai morceau de viande, un trompe-l’œil visiblement réussi.

Qui peut déjà déguster cette alternative à la viande

Pour l’heure et pendant six mois, seuls les restaurants scolaires, d’entreprises ou de collectivités en France et en Allemagne ont la primeur de pouvoir déguster le « sauté végétal » mis au point par les équipes de R&D du groupe agroalimentaire Tereos. D’ici à l’été, de nouvelles recettes devraient être concoctées pour la grande distribution. Le passage à l’industrialisation, qui dépendra de l’engouement suscité, représenterait dix fois la taille du pilote, pour un chiffre d’affaires anticipé de 40 à 50 millions d’euros.

Pourquoi Tereos s’attaque aux protéines végétales

Selon le Fonds pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les besoins en protéines vont en effet doubler dans le monde d’ici à 2050 et alors que 70 % de ces besoins sont aujourd’hui comblés par des protéines animales, celles-ci ne suffiront plus.

« Il y a un vrai besoin au niveau international (de valorisation des protéines végétales, NDLR) et c’est maintenant qu’il faut innover, car dans 10 ans le marché sera peut-être stabilisé avec une nouvelle offre alimentaire autour des protéines végétales », estime Jean-Michel Chardigny, directeur de recherches à l’Institut national de la recherche agronomique.

En 2016, Tereos s’est engagé, aux côtés de six autres acteurs français du secteur réunis au sein du consortium « Protéines France » à développer cette filière en France. Le projet de « sauté végétal », lauréat en 2016 du prix de l’ambition « Protéines végétales » au Concours Mondial de l’Innovation, a bénéficié du soutien de la Banque Publique d’Investissement.

« L’inauguration de ce pilote industriel est une étape importante dans les développements que Tereos mène depuis de nombreuses années dans le secteur des protéines végétales. Cela illustre la capacité du Groupe à innover par le développement de nouveaux produits qui répondent aux évolutions des besoins alimentaires mondiaux », a déclaré Alexis Duval, président du directoire de Tereos.

Premier producteur français et troisième producteur mondial de sucre, Tereos emploie 24.000 personnes dans le monde et transforme 44 millions de tonnes de betteraves, blé, maïs, canne à sucre et autre luzerne par an.

 

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